Pourquoi relever le financement
Lorsqu’un fabricant finance une étude portant sur son propre médicament ou dispositif médical, les résultats rapportés sont plus souvent favorables 1.
Dans une revue Cochrane, les résultats d’efficacité favorables étaient plus fréquents dans les études financées par l’industrie : 638 pour 1000, contre une valeur supposée de 502 pour 1000 (risque relatif 1,27 ; IC à 95 % : 1,17 à 1,37) 1.
Pourquoi consulter les documents réglementaires
Les essais aux résultats décevants sont moins souvent publiés que les essais aux résultats favorables 2.
Pour obtenir l’approbation d’un médicament par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, le fabricant doit lui transmettre les résultats de tous les essais de phase II et III 2. Parmi les essais jugés négatifs par la FDA, 4 sur 37 (11 %) pour les antidépresseurs plus anciens et 7 sur 15 (47 %) pour les plus récents ont été publiés d’une manière conforme à ce jugement 2.
Les classes
Chaque publication citée est rangée dans l’une des six classes suivantes.
| Classe | Critère |
|---|---|
| Indépendant | Financement public ou caritatif, sans fonds ni intervention de l’industrie. Les dons de produits sont admis. |
| Financé par l’industrie | Tout financement industriel, ou intervention de l’industrie dans la conception, l’analyse ou la publication |
| Réglementaire | Évaluations, notices et communications sur la sécurité émanant des autorités de réglementation et des organismes d’évaluation des risques dotés d’un mandat légal : FDA, EMA, MHRA, PMDA, EFSA, FSANZ, JECFA |
| Consensus | Recommandations, déclarations de consensus, prises de position, classifications établies par des groupes d’experts, comme celles du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) |
| Ouvrage de référence | Manuels et bases de données validées |
| Financement non déterminé | Financement impossible à déterminer d’après la publication |
Texte principal et encadrés
Sur chaque page, les résultats de la recherche indépendante sont séparés des autres données.
| Emplacement | Classes admises |
|---|---|
| Texte principal | « Indépendant », « Réglementaire », « Ouvrage de référence » |
| Résultats d’études financées par l’industrie | « Financé par l’industrie », « Réglementaire » |
| Déclarations de consensus | « Consensus », « Réglementaire » |
| Questions non résolues | Toutes les classes |
Une affirmation contraire au consensus est soumise aux mêmes exigences de preuve qu’une affirmation qui va dans son sens. L’absence de données indépendantes est signalée dans l’encadré « Questions non résolues ».
Effets absolus et effets relatifs
Un effet relatif indique de quelle fraction un traitement modifie un risque. Un effet absolu indique de combien varie, sur cent personnes, le nombre de celles chez qui survient l’événement étudié.
Dans l’essai SPRINT, 9361 adultes ont été répartis entre un objectif de pression artérielle systolique inférieur à 120 mm Hg et un objectif inférieur à 140 mm Hg 7. Au cours d’un suivi médian de 3,26 ans, un événement cardiovasculaire relevant du critère de jugement principal est survenu chez 243 des 4678 participants (5,2 %) et chez 319 des 4683 (6,8 %), respectivement (hazard ratio 0,75) 7. La réduction relative du risque est de 25 % et la réduction absolue de 1,62 point de pourcentage ; le nombre de sujets à traiter indiqué dans la publication est de 61 7. Des événements indésirables graves dont le lien avec l’intervention était possible ou certain sont survenus chez 220 (4,7 %) et 118 (2,5 %) participants, respectivement 7. Le nombre de sujets à traiter pour observer un effet délétère, soit l’inverse de l’écart de 2,18 points de pourcentage, est de 46 7.
Limites de cette méthode
Le financement n’est qu’une source d’erreur parmi d’autres 1. Les essais menés sans fonds industriels peuvent eux aussi présenter un risque de biais 1.
Les classes ne hiérarchisent pas les plans d’étude. Dans des études observationnelles, une faible concentration sérique de 25-hydroxyvitamine D avait été associée au risque de cancer et de maladie cardiovasculaire 8. Dans l’essai indépendant VITAL, au cours d’un suivi médian de 5,3 ans, le colécalciférol n’a réduit ni l’incidence des cancers invasifs (6,1 % des 12 927 participants contre 6,4 % des 12 944 ; hazard ratio 0,96) ni celle des événements cardiovasculaires majeurs (3,1 % contre 3,2 % ; 0,97) 8.